Ce sont les mots de Stéphane BATY, adhérent du Crub, pour nous convier à lire son article d'une randonnée à vélo à travers l'île de La Réunion. Objectif, rejoindre plusieurs brasseries durant huit jours. Un périple conçu avec la participation de Paul RHONÉ.
Retrouvez les épisodes de l'article dans la lettre d'information du Collectif réunionnais des usagers de la bicyclette, le Crub, par courrier électronique.
C’est le jour J. La nuit a été bonne et je suis fin prêt pour pédaler. La météo ne s’annonce pas géniale mais qu’importe. Le vent de la liberté autant que celui de l’aventure me souffle à l’oreille d’y aller quoi qu’il advienne. La journée sera longue et sans doute un peu physique. Un dernier encouragement de Nath et c’est parti.
Paul m’a annoncé qu’il ne pourrait pas être au point de rendez-vous à l’heure prévue. C’est presque mieux comme ça. Je ne pense pas que nous roulions à la même vitesse. Je rattrape la piste cyclable à Primat. Les randonneurs habituels sont intrigués à la vue de ce vélo chargé comme pour la traversée d’un continent. N’aurait-il pas une idée derrière la tête ?
J’ai déjà eu l’occasion de croiser les brasseurs de la Gayar mais il manque cette captation de l’instant. L’authenticité du voyage. Mon idée, entrer sur le champ de foire à vélo pour prendre une photo sur leur stand. Après deux heures de route je me présente à l’entrée. Guichet puis vigiles, puis accueil, puis re Guichet, puis re vigile. Je vois bien que c’est la panique. Je soumets l’idée de s’assurer que la Gayar soit bien présente. Ah ben ouais, c’est vrai ça ! Bon ben ils ne sont pas arrivés. Ni une ni deux, je fonce à la brasserie et bingo, Jérôme et Morgane sont en train de charger les fûts. Ils m’accueillent dans un éclat de rire. « Putain t’tenace toi ! » Aller le temps de faire la photo et je les abandonne direction Saint-Benoît. Là, une petite pause s’impose avant la montée qui se présente devant moi. Paul m’annonce qu’il prend la route.
Des lignes infinies, un trafic assez dense et les premières gouttes de pluie qui arrivent. Ça promet. Malgré tout, j’avance. La Grib, mon vélo (merci Bertrand pour la préparation), est une bête de course dans le sens où elle est taillée pour la grande route. Robuste, confortable avec des développements qui permettent d’avancer, lentement mais sûrement, de se lancer à l’assaut de toutes des pentes… ou presque. Après une heure trente de montée, je fais une pause chez André et Francia. Un couple de maraîchers. Le temps d’un café et c’est reparti. Malgré l’optimisme d’André qui m’annonce une arrivée dans 30 minutes, il me faut le triple de temps pour croiser les premières habitations de la plaine des palmistes. Trempé de sueur, j’arrive dans un brouillard chargé de bruine.
À 1 500 mètres, le froids (17°C) et la fatigue me provoquent les premières crampes. Cuisses et surtout doigts de pieds. Enfin un abri. Je passe des vêtements secs. Avales la gamelles que je m’étais préparé et les barres de céréales données par ma chérie. Je me coiffe même du bonnet pris au cas où. Paul arrive une heure après. Lui aussi trempé.
Le temps de finir de se réchauffer et nous filons vers la Brasserie de l’Îlet au Domaine des Tourelles. J’avais déjà eu l’occasion de rencontrer Hervé et c’est chaleureusement qu’il nous accueille pour nous raconter son histoire et sa vision de la Brasserie.
Sa brasserie est de taille modeste, Hervé est parmi les premiers installé de la Réunion. Loin des nouvelles tendances, il travaille ses classiques. Nous goûtons son ambrée. Il en profite pour me coller l’étiquette dans le road- book. Il est déjà 17 h et nous repartons pour être au gîte avant la nuit. Ça tombe bien, c’est sur la route pour demain. Un logement confortable où nous avalons avec délice un potage et un bout de fromage. La température est encore tombée et l’humidité bien présente. Il est 20 h 30. Sous une bonne couche de couettes la nuit est une des meilleures depuis au moins un mois.
Texte et photos : Stéphane BATY.
Suite du périple dans la prochaine lettre d'informations du Crub 